La traversée du Tongariro Alpine Crossing

La traversée du Tongariro Alpine Crossing

Qu’est-ce que le Tongariro Alpine Crossing ?

Situé dans le massif du Tongariro, constitué de 2 cratères volcaniques encore actifs, le Tongariro Alpine Crossing est une randonnée parmi les plus populaires en Nouvelle Zélande. S’effectuant en une journée (compter 6 heures de marche minimum) de bout en bout, elle permet de traverser le parc national de Tongariro. Ce parc national fût le premier crée en Nouvelle-Zélande afin notamment de protéger cette région montagneuse.

19,4 kilomètres de long pour 800 mètres de dénivelé positif, ca promet !

Nous en avons entendu parler bon nombre de fois depuis notre arrivée sur les terres kiwi, et chacun de nos hôtes nous lancaient sur le sujet :

Did you do the Crossing ? No ? Believe me it’s amazing ! But be prepared and fit, because it’s a 7 hour walk.

Comment dire qu’en entendant cela, on peut reconsidérer ce qu’ils pensent par “être fit”. Assez fit pour faire une randonnée avec 800 mètres de dénivelé sur une journée pendant 7 heures ? 

Nous avions prévu de faire cette randonnée le Dimanche 12 janvier, car la météo était clémente et nous étions dans une région proche. Il faut également prévoir une navette pour effectuer cette randonnée, car longue de 19,8km il n’est pas vraiment envisageable de la faire dans l’autre sens une fois arrivés au bout ! La navette permet de se garer à l’arrivée de la randonnée en voiture, et d’être amenés au point de départ. Comme ca, aucun soucis de temps pour rejoindre l’arrivée. Oui mais, me direz vous, pourquoi ne pas se garer au départ de la randonnée et prendre une navette pour relier l’arrivée au point de départ ?

Il se trouve que les autorités ont instaurés une limite de parking de 4 heures au départ de la randonnée, en raison de l’affluence monstre en haute saison. De ce fait, il n’est pas envisageable de se garer au début et espérer revoir sa voiture après une journée de parking ! Tout était prêt, les indicateurs météo étaient parfait pour le dimanche 12 janvier, mais le samedi matin la veille de la randonnée, on lit ca dans les infos :

Toutes nos condoléances vont en premier lieu a la famille de la personne qui a perdu la vie la bas. Nous apprenons également en lisant l’article que, dans la culture Maori, quand une personne décède dans un lieu sacré, un Rāhui est mis en place.

Petit point culture

Un Rāhui, c’est une restriction sacrée mise en place afin de reconnaitre et de respecter la mort d’un être. Cela laisse le temps a l’esprit du corps de monter vers le ciel. On trouve cela très respectable comme tradition, cela permet de laisser un vrai temps de deuil à un endroit donné en y interdisant l’accès.

Par contre, le point embêtant dans notre situation, c’est que ce Rāhui sur la randonnée dure 3 jours, du Vendredi 10 au Lundi 13 au matin. Lundi 13 au matin.

Cela implique donc de devoir trouver une nuit supplémentaire de Dimanche à Lundi, et de devoir rebooker la navette pour le Lundi matin, moment ou la randonnée est réaccessible au public à partir du lever du soleil. Cela implique également que la météo que nous avions prévu n’est pas aussi sympatique !

Le jour J, comme “J’aurais jamais du y’aller aujourd’hui”

Le moment tant attendu est enfin arrivé ! Notre réveil sonne a 4h45 du matin, et on se met en jambe rapidement. L’aube n’est plus très loin mais on arrive quand meme a ressentir que la météo n’est pas celle qu’on avait espéré. Passons. Un café et deux tartines rapidement avalés, les yeux encores dans le lit sur l’oreiller et nous emportons notre petit paquetage de randonnée avec nous, direction la navette.

Nos sacs à dos pour la journée contenaient :

Des barres de céréales, 3 sandwichs, 2 batons de randonnée, un imperméable coupe-vent, du papier toilette (hé oui, toilettes sèches oblige !), une bouteille d’eau citronnée d’1L5, une gourde isotherme Klean Kanteen de 720ml avec de l’eau citronée également, un appareil photo et un téléphone. Et ca c’est par personne bien évidemment !

Cette dernière nous amène au point de départ de la randonnée aux alentours de 6h30. Avec une météo correcte, on aurait pu avoir droit a un joli lever de soleil en prime, mais il n’était rien. Le conducteur de la navette a même voulu nous rassurer en nous disant qu’une fois en haut des nuages, le ciel est dégagé. Mouais, on y croit un peu moyen mais ca ne nous démotive pas pour autant.

Après un passage express aux toilettes (les prochaines sont après 1 heure de marche), on se met en route, et le brouillard bien épais ne nous permet pas de dire où est-ce que nous sommes exactement.

Après 30 minutes de marche, on tombe sur ce panneau au bord du chemin qui nous rassure pour le reste de la journée !

Ah bah dans ce cas c’est demi-tour ? A moins que..

Même si on est avisés de faire demi-tour, le nombre de gens qui passent en ignorant la signalétique nous fera relativiser et on continue quand même a avancer. On grimpe progressivement et nos corps se réchauffent avec la marche. Mais  environ 15 minutes après ce panneau, une fine bruine se fait ressentir. En effet, le plafond des nuages étant relativement bas, on arrive peu a peu a l’intérieur de ces derniers, et si vous avez suivi vos cours de SVT (ce qui n’est pas mon cas) vous savez qu’un nuage se forme a partir de vapeau d’eau et est consitué de toutes petites goutelettes d’eau. Pour résumer simplement, il va pleuvoir durant tout le reste du parcours. Certes une pluie très très fine, mais avec du vent et pendant plusieurs heures, on finit vite trempés !

Après une heure de marche, on arrive à la première partie qui grimpe du parcours. Quelques pentes raides et des escaliers a franchir durant 10 minutes, rien d’impossible mais il faut avoir une bonne condition pour ne pas être a bout après cette étape. Le panneau suivant nous aura bien fait rire après avoir cru qu’on arrivait à la fin !

Quand ils disent “It’s much harder ahead”, je pense qu’ils ne blaguent pas trop les kiwis.

Arrivés a notre premier point de pause après 1h30 de marche et 700 mètres d’élévation grimpés, on s’accorde une petite pause pour avaler un peau d’eau et une barre céréalée. Les conditions sont vraiment exécrables. Le vent rend la fine pluie assez insupportable et on est rapidement trempé d’un seul côté du corps, celui ou le vent souffle. On y voit de moins en moins loin et on continue de grimper, avec un maigre espoir pour qu’on traverse la couche nuageuse.

On arrive assez péniblement au sommet du Red Crater, qui se situe à 1800 mètres au dessus du niveau de la mer. Malheureusement (ou heureusement, je ne saurais dire) on ne se rend absolument pas compte de la hauteur que cela représente comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Laissez moi vous resituer le contexte :

Bien trempés sur notre coté gauche, on continue de grimper sur un sol très peu stable car c’est du gravier volcanique, assez petit et qui ne tient pas en place. En largeur, étant donné qu’on est au plus haut du sommet, on a environ la moitié d’un quai de métro en largeur pour progresser. A gauche c’est un flanc de montagne, et à droite vous l’aurez deviné, c’est l’autre flanc de montagne. Le vent à ce moment la était de 30 km/h environ, mais en continu. Il faut donc veiller à ne pas se faire déséquilibrer au risque de tomber, et c’est encore plus véridique sous le coup de la fatigue ou d’une “fringale”.

Un semi-enfer.

La descente

Juste après avoir franchi le sommet, on décide de se reposer un peu avant d’attaquer la descente, réputée comme étant difficile sur 150-200 mètres. On voit sur la photo que la pente est prononcée, mais ce qui la rend corsée est le fait qu’elle soit composé du meme gravier volcanique tout petit lors de la montée, et il est quasiment indispensable de s’équiper de batons de marche afin de ne pas tomber ou se blesser.

On se pose par terre l’espace de 5 minutes, et une drôle de chose arrive alors. Ann me fait remarquer en me voyant assis que le sol doit être détrempé à cause de la pluie. Il n’en est rien, au contraire on ressent une forte chaleur en s’asseyant. Ceci est dû au fait que l’on est assis sur un volcan actif ! On mettra un peu de temps à le réaliser, mais cela reste assez impressionant.

Petite pause déjeuner au niveau des Lacs Émeraude, qui est le lieu de pique nique favoris des randonneurs pour sa beauté avec une météo clémente (grrr…).

Je n’ai malheureusement plus pris de photo après ce point, car la pluie, le froid et le vent auront un peu eu raison de notre moral pour le reste de la marche. Ajoutez à cela le fait de rater toutes les vues splendides dont on nous avait tant parlés avant de faire cette randonnée et vous obtenez le record de marche de la randonnée que nous avons bouclés en 6 heures tout pile.

Extremement déçus, une idée un peu folle arrive sur le chemin du retour vers notre auberge.

Bon, on y retourne demain ?

L’idée est simple :

Revenir le lendemain matin avant de prendre la route vers notre prochaine destination, profiter du parking limité à 4 heures pour aller jusqu’en haut des Devils Staircase (environ 1h30 de marche), prendre des photos en hauteur et repartir dans l’autre sens à la voiture. Plutot bien rodé ?

En tout cas, la météo bien plus appréciable nous aura permis de vraiment profiter des vues qu’offre la randonnée, et ce dès le tout début de notre marche ! Comme en attestent les photos suivantes.

Le début du walk, la vue dégagée donne bien plus envie !

On a bien re-rigolés en revoyant ce panneau sur la première partie de la marche, et ce qui est d’autant plus amusant c’est de le comparer avec la vue que l’on avait eu la veille, c’est a dire une météo qui normalement vous fait faire demi-tour !

Si l’on s’en suit au panneau, nous aurions dû faire demi-tour

Mais si il y’a bien un endroit qui est encore plus impressionnant, c’est une fois en haut des Devils Staircase, la fameuse partie difficile de la randonnée ou l’on monte difficilement durant 30 bonnes minutes sur 500 mètres d’élévation. La vue est très agréable et on apprécie de faire l’effort jusqu’en haut pour assister à ce spectacle fou.

Juste après la montée des Devil’s Staircase. Avec le brouillard on rate un magnifique spectacle !

Je vous laisse ensuite vous rendre compte de la différence avec cet avant/après lors de l’arrivée près du Red Crater, autrement dit le point de fin de notre excursion limitée par le temps de parking au départ !

Au pied du Red Crater, avec et sans brouillard

Et on peut également maintenant observer le Mont Destin, célèbrement connu comme le lieu ou Sauron forge l’anneau unique !

Cet article touche à sa fin, j’espère qu’il vous aura plu !

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